La liseuse, Robert James Gordon (1877)

Ce site est le journal de mes découvertes au pays des merveilles des arts et des lettres.

Il est dédié à la mémoire de mon père, Pierre-Henri Carteron, régisseur de l'atelier photographique du Centre Georges Pompidou où il a travaillé de 1977 à 2001.

Un cancer de la gorge lui a ôté la voix. Les mots sont restés coincés en travers.

A ma mère qui m'a nourrie du lait de ses rêves.

"Ecrire, c'est rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour" (La part manquante, Christian Bobin).

dimanche 20 septembre 2026

Ce que la nuit révèle

La Nuit, peinture d'Auguste Raynaud (1854–1937)
Collection privée

J'aime la nuit parce qu'elle me pare d'une belle lumière.

La lumière directe me met parfois mal à l'aise : elle rend les choses trop crues, trop visibles, sans nuance, presque sans poésie. La nuit, je me sens différente, avec la lueur de la lune ou simplement les lumières qui viennent de l'extérieur. J'aime les reliefs, les ombres, les courbes qui apparaissent doucement.

La nuit ne cache pas vraiment le corps : elle le révèle autrement. Et dans cette lumière-là, je lâche davantage le contrôle et la honte. Je peux être nue sans avoir autant l'impression d'être exposée. Je peux simplement être dans mon corps, sans poser sur lui ce regard qui cherche ce qui ne va pas.

C'est pour ça que l'une des plus belles scènes de nudité au cinéma est, pour moi, celle de Melancholia, lorsque Kirsten Dunst est allongée nue dans la nature, sous la lumière de la lune. Son corps semble presque devenir une partie du paysage. Il y a quelque chose de mystérieux, de sensuel et de profondément poétique dans cette scène.

Et finalement, je crois que mon parfum raconte aussi quelque chose de cet univers.

Mon parfum, c'est La Nuit Trésor de Lancôme, parce que son imaginaire me ressemble. J'ai tout de suite aimé ce flacon, avec cette rose en satin noir nouée autour de son col, comme un diamant noir étincelant et facetté. Il évoque un philtre d'amour et de séduction, avec des notes chaudes et gourmandes qui me plaisent particulièrement : la rose noire de Damas, l'orchidée vanille de Tahiti, l'encens, le papyrus et le litchi.

Lancôme le présente comme un emblème de l’amour fusionnel : « Une nuit brûlante où s’étreignent ceux qui s’aiment. Une attraction irrésistible entre deux étoiles qui entrent en collision pour former, au cœur de la nuit… un diamant noir. »

Et je crois que c'est exactement ce qui me plaît dans cet imaginaire : ce n'est pas une sensualité qui s'exhibe, c'est une sensualité qui enveloppe.

Je pourrais avoir mille parfums différents, je crois que celui-là resterait toujours particulier pour moi. Parce qu'il appartient à cet univers que j'aime : la nuit, la lumière, les ombres, la peau, le mystère, la sensualité et la poésie.

Finalement, quand je te dis que je me sens mieux nue la nuit avec toi, ce n'est pas simplement parce qu'on voit moins.

C’est parce que je vois autrement. ✨❤️

Rêverie, peinture de Charles-Aimable Lenoire, 1893
Vente Sotheby’s

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