La liseuse, Robert James Gordon (1877)

Ce site est le journal de mes découvertes au pays des merveilles des arts et des lettres.

Il est dédié à la mémoire de mon père, Pierre-Henri Carteron, régisseur de l'atelier photographique du Centre Georges Pompidou où il a travaillé de 1977 à 2001.

Un cancer de la gorge lui a ôté la voix. Les mots sont restés coincés en travers.

A ma mère qui m'a nourrie du lait de ses rêves.

"Ecrire, c'est rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour" (La part manquante, Christian Bobin).

lundi 2 novembre 2015

La maladroite, Alexandre Seurat

Alexandre Seurat est le premier lauréat du prix
"Envoyé par La Poste"*
Le premier roman d'Alexandre Seurat, professeur agrégé de lettres à l'IUT d'Angers (il a soutenu une thèse de littérature générale et comparée sur l'oeuvre de Virginia Woolf), s'inspire de l'affaire Marina Sabatier, décédée à huit ans, en 2009, des suites de maltraitance au Mans. L'auteur, marié et père de deux enfants, a été bouleversé par le martyr de la petite fille (Diana dans le livre) et a lu tous les comptes rendus d'audience du procès avant de prendre la plume pour aborder l'infanticide à travers une narration chorale. Les points de vue supposés des acteurs de la tragédie se succèdent comme autant de témoignages à la barre : le frère, la grand-mère, la tante, l'institutrice, la directrice d'école, le médecin scolaire, les bureaux de l'aide sociale à l'enfance et ceux du Procureur, le pédiatre hospitalier, le médecin légiste, la police et les gendarmes. Ce texte poignant est une charge magistrale contre l'immobilisme administratif lorsqu'il s'agit de prouver le calvaire de Diana, victime silencieuse de parents violents qui semblent pourtant tout à fait "normaux" (le couple est poli, gentil avec leurs autres enfants, cohérent dans le mensonge). Le roman se lit en apnée et appuie là où ça fait mal : qu'aurions-nous fait pour éviter la mort de cette enfant si "maladroite" ? (les parents utilisent cet adjectif pour justifier ses nombreuses blessures).

* Le prix "Envoyé par La Poste" est un nouvel évènement qui ouvrira chaque année la saison des prix littéraires. 

Créé par la Fondation d'entreprise La Poste, le prix récompense un manuscrit adressé par courrier, sans recommandation particulière, à un éditeur qui décèle, avec son comité de lecture, un talent d'écriture et qui décide de le publier. Le lauréat recevra 2500 euros, son livre sera recommandé notamment auprès des 500 000 postiers actifs et retraités et La Poste passera commande de 600 exemplaires à l'éditeur. La Fondation a pour objectif de soutenir l'expression écrite. Elle est mécène de l'écriture épistolaire, de l'écriture pour tous et des écritures novatrices et milite en faveur d'une écriture médiatrice de la solidarité au bénéfice de ceux qui sont exclus de la pratique, de la maîtrise et du plaisir de l'expression écrite.

La maladroite m'a été conseillé par Aude, mon excellente libraire
à Suresnes (elle est spécialisée en littérature jeunesse) :
Librairie Le Point de Côté
22 place Henri IV - 92150 Suresnes

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