La liseuse, Robert James Gordon (1877)

Ce site est le journal de mes découvertes au pays des merveilles des arts et des lettres.

Il est dédié à la mémoire de mon père, Pierre-Henri Carteron, régisseur de l'atelier photographique du Centre Georges Pompidou où il a travaillé de 1977 à 2001.

Un cancer de la gorge lui a ôté la voix. Les mots sont restés coincés en travers.

A ma mère qui m'a nourrie du lait de ses rêves.

"Ecrire, c'est rejoindre en silence cet amour qui manque à tout amour" (La part manquante, Christian Bobin).

vendredi 10 avril 2020

La pie sans vie dans les pissenlits - Journal de confinement (Covid19)



Tôt ce matin, lors de la promenade du chien, j'ai fait la triste rencontre du cadavre d'une pie allongée sur le dos comme Ophélie dans le tableau du peintre britannique John Everett Millais. Son petit corps inerte, au bec à jamais privé de bavardage, gisait sous une couverture de brume à peine levée. L'oiseau faisait curieusement écho à l'extrême solitude d'un malade sur un lit d'hôpital. J'ai alors imaginé le bal des marguerites et des vol-au-vent qui, tels des soignants en blouse blanche, réanimeraient son flanc à l’innocente pâleur. Je verrais alors ses longues pattes raides, suspendues en l'air comme les mains d'un pianiste en smoking au dessus de son clavier, s'offrir une simple respiration avant de faire chanter les touches de l'instrument.



Ophélie est un tableau du peintre britannique John Everett Millais, réalisé en 1851-1852. Cette huile sur toile représente le personnage de fiction de la tragédie Hamlet, de William Shakespeare, chantant juste avant sa noyade. Typique de la peinture préraphaélite, elle est conservée à la Tate Britain, à Londres.

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